Un mois après l’entrée en vigueur de l’obligation de facturation électronique B2B, le baromètre Ipsos BVA réalisé pour Kolecto apporte un premier chiffrage : seulement 21% des dirigeants déclarent avoir rencontré des bugs, quand 64% les redoutaient avant le 1er septembre 2026 (AFP / Headtopics, octobre 2026). Le démarrage s’avère moins catastrophique que prévu pour la majorité des PME. Mais les chiffres sur la préparation à 2027 sont, eux, franchement alarmants.
Contexte : une réforme en deux temps
Le 1er septembre 2026 a marqué l’entrée en vigueur de deux obligations distinctes. D’une part, toutes les entreprises assujetties à la TVA, y compris les PME et micro-entreprises, doivent être capables de recevoir des factures via une Plateforme Agréée (PA). D’autre part, les grandes entreprises et ETI (plus de 50 salariés ou 10 millions d’euros de chiffre d’affaires) ont l’obligation d’émettre en format structuré (Factur-X, UBL 2.1 ou CII). La réforme visait, entre autres, à libérer 15 milliards d’euros de trésorerie immobilisée annuellement (Economie Matin, septembre 2026).
L’obligation d’émission pour les PME est reportée au 1er septembre 2027. Mais l’obligation de réception est, elle, effective depuis un mois.
Impact pour les entreprises : l’écart entre crainte et réalité
Le baromètre Kolecto/Ipsos BVA (AFP / Headtopics, octobre 2026) documente un écart net entre les craintes exprimées avant le lancement et la réalité du premier mois :
| Problème | Craint avant le 1er sept. | Rencontré en sept. |
|---|---|---|
| Bugs techniques | 64% | 21% |
| Partenaires non préparés | 59% | 34% |
| Difficultés sur les plateformes | 49% | 21% |
Ces chiffres ne signifient pas que la transition s’est déroulée sans friction. Ils signifient que la majorité des entreprises n’ont pas subi de blocage opérationnel majeur, contrairement au scénario catastrophiste qui circulait dans les mois précédents.
L’industrie fait exception à cette tendance générale : 56% des entreprises du secteur ont été confrontées à des partenaires non raccordés, soit 22 points au-dessus de la moyenne nationale. Les chaînes de sous-traitance industrielle, où les fournisseurs PME sont directement exposés aux exigences de leurs donneurs d’ordre, constituent le point de tension le plus visible de ce premier mois.
Sur la perception de la réforme, le bilan est contrasté. 54% des dirigeants la considèrent aujourd’hui comme une bonne chose pour leur entreprise, contre 69% en 2024 et 59% en 2025. Le contact avec la réalité de terrain érode l’adhésion initiale.
Ce qu’il faut surveiller : l’échéance 2027 approche vite
Le signal d’alarme du baromètre ne concerne pas le passé, mais l’avenir. Pour l’étape suivante, l’obligation d’émission qui s’appliquera aux PME au 1er septembre 2027 :
- Seulement 14% des PME interrogées se déclarent prêtes.
- 34% ont initié des préparatifs.
- Plus de la moitié n’a encore rien engagé.
Un projet e-facture standard comprend quatre phases : choix et contractualisation d’une PA (deux à quatre semaines), configuration du raccordement ERP-PA (deux à huit semaines selon la solution), tests sur lot pilote (une à trois semaines), formation des équipes. En cumulant, deux à quatre mois minimum. Pour tenir l’échéance de septembre 2027, un lancement de projet avant la fin 2026 est la fenêtre conseillée par les associations professionnelles.
Autre indicateur à surveiller : 88% des dirigeants interrogés estiment que la Plateforme Agréée choisie doit être détenue par des actionnaires français. Cette préférence de souveraineté numérique va orienter les choix de plateforme pour la phase d’émission PME en 2027.
Pour approfondir : consultez notre bilan complet du premier mois d’obligation, notre guide de conformité PDP/PPF pour les PME et notre roadmap e-facture France 2026-2027.