L’Agencia Tributaria (AEAT) a présenté mi-septembre 2026 les détails techniques de la Solución Pública de Facturación Electrónica (SPFE) : format retenu UBL 2.5 aligné sur la norme européenne EN 16931, quatre fonctions principales, ouverture de l’environnement de test prévue en octobre 2026. Deux dates sont désormais gravées dans le calendrier ERP de toute entreprise opérant en Espagne : le 1er octobre 2027 pour les sociétés dépassant 8 millions d’euros de chiffre d’affaires, le 1er octobre 2028 pour les autres (atecna.com, 15 septembre 2026).
Contexte : SPFE et VeriFactu, deux rôles distincts dans le même écosystème
La SPFE s’inscrit dans le cadre réglementaire posé par le Real Decreto 238/2026 et la Ley Crea y Crece (Ley 18/2022). Mais pour un DSI ou un DAF qui suit ce dossier depuis plusieurs années, une confusion persiste souvent entre deux dispositifs : VeriFactu et la SPFE.
Les deux coexistent dans le même système, avec des rôles bien distincts. VeriFactu définit les critères techniques de vérifiabilité des systèmes informatiques de facturation : intégrité des enregistrements, chaîne de hachage, transmission en temps réel à l’AEAT. La SPFE, elle, constitue l’infrastructure publique d’échange et de référencement des factures B2B : émettre, recevoir, consulter les états de paiement et conserver des copies fidèles (Cegid, blog officiel). VeriFactu concerne la sécurité du logiciel, la SPFE concerne le canal d’échange des factures.
Ce que la SPFE change concrètement pour les DSI et DAF espagnols
UBL 2.5 : le format unique de la plateforme publique. La SPFE fonctionne exclusivement en UBL 2.5 (aligné EN 16931). Le format Facturae, historiquement utilisé pour la facturation électronique avec les administrations publiques espagnoles, n’est pas accepté par la SPFE. Il reste valide uniquement pour les échanges entre plateformes privées dans le cadre du Royal Decree 238/2026 (ClearTax, SPFE documentation). Pour les équipes ERP, cela signifie une mise à jour des connecteurs de génération de factures XML si le système produit aujourd’hui du Facturae.
Un modèle hybride, mais avec une copie fidèle obligatoire. L’Espagne a retenu un modèle ouvert : les entreprises peuvent utiliser la SPFE directement, passer par une ou plusieurs plateformes privées certifiées, ou combiner les deux. Mais quelle que soit l’option choisie, une copie fidèle (copia fiel) de chaque facture doit parvenir à la SPFE. Cette obligation de dépôt s’applique même lorsque l’échange commercial passe par une plateforme privée (ibid.).
Quatre fonctions, dont une gratuité pour les PME. La plateforme AEAT offre quatre capacités : émission individuelle de factures (outil gratuit, notamment utile pour les très petites structures), consultation et communication des états de facture (rejet commercial, confirmation de paiement), hub d’interconnexion entre entreprises et plateformes, et rôle de référentiel recevant les originaux ou copies fidèles (atecna.com). Pour les PME sans ERP ou avec un ERP non encore certifié, la SPFE offre un accès minimal sans coût.
Attention : l’AEAT ne conserve pas les archives à votre place. Point souvent mal compris dans les premières lectures du dispositif : la SPFE ne remplace pas l’obligation légale de conservation des factures. Chaque entreprise reste responsable de l’archivage de ses factures et des preuves d’échange. La plateforme publique reçoit les factures, elle n’en assure pas la conservation pour le compte de l’émetteur.
Connexion directe sans intermédiaire : possible, mais technique. Les entreprises peuvent connecter leurs systèmes directement à la SPFE sans passer par un éditeur ou un opérateur de dématérialisation, à condition de respecter les prérequis d’identification et de développement technique définis par l’AEAT (ibid.). Pour une PME sans ressources techniques internes, le passage par un éditeur ERP certifié restera le chemin le plus simple.
Ce qu’il faut surveiller dès octobre 2026
L’AEAT prévoit de publier l’ordonnance ministérielle et d’ouvrir l’environnement de test en octobre 2026. C’est la fenêtre à ne pas manquer pour les DSI : tester la connexion entre l’ERP en production et la SPFE avant que les délais réglementaires ne deviennent une contrainte opérationnelle.
Pour les entreprises dépassant 8 M€ de CA, le 1er octobre 2027 laisse exactement un an pour certifier, intégrer et tester. Pour les autres, le 1er octobre 2028 offre deux ans, mais les projets ERP avec des composants réglementaires nécessitent en général 6 à 18 mois de préparation. Déclencher la discussion avec l’éditeur ERP dès la publication de l’ordonnance ministérielle est le bon réflexe.
Un troisième seuil mérite attention : le 1er octobre 2029, la communication obligatoire des états de paiement s’étend aux personnes physiques et aux entités dont le CA est inférieur ou égal à 8 M€ (ClearTax).
Pour approfondir le contexte réglementaire, lisez notre analyse Facturación electrónica B2B en Espagne : le RD 238/2026 fixe enfin le cadre, notre panorama des ERP espagnols : Holded, Factorial, SII et TicketBAI et notre article sur VeriFactu avec Business Central : disponibilité générale septembre 2026.