Pour un directeur achats ou un DSI qui suit les appels d’offres de ses grands clients, une réalité s’impose progressivement depuis 2023 et s’accélère en 2026 : la scorecard EcoVadis, la note CDP ou le certificat MASE ne sont plus des distinctions optionnelles. Ils sont devenus des critères d’accès aux marchés au même titre qu’une attestation Kbis ou une assurance décennale. Sur certains panels fournisseurs industriels, le défaut de certification MASE empêche physiquement l’intervention sur site. Sur des appels d’offres de grands groupes cotés, une note EcoVadis inférieure à 45 peut déclencher un déréférencement automatique.
Pourtant, EcoVadis, CDP et MASE ne répondent pas aux mêmes questions, ne couvrent pas les mêmes périmètres et ne s’adressent pas au même profil d’entreprise. Les confondre dans une stratégie de mise en conformité ESG conduit à des dépenses inutiles et à des angles morts réglementaires. Ce guide les analyse côte à côte, explique comment les intégrer dans votre ERP achats, et vous donne une feuille de route pour piloter cette triple notation sans créer un nouveau silo de données.
Pourquoi 2026 est l’année charnière pour la notation ESG fournisseurs
La pression réglementaire monte d’un cran
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) contraint les ETI dépassant deux des trois seuils réglementaires (250 salariés, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, 25 millions d’euros de total bilan) à publier leur rapport de durabilité pour l’exercice 2025. Dans ce rapport, les normes ESRS G1-2 (pratiques d’approvisionnement responsable) exigent de documenter les critères ESG appliqués aux fournisseurs : proportion du panel évalué, scores moyens, plans d’amélioration. Un auditeur RSE demandera des preuves, pas des déclarations de principe.
La CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive), dans sa version post-Omnibus applicable aux entreprises dépassant 5 000 salariés et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires mondial, impose une cartographie documentée des risques ESG chez les fournisseurs directs et, pour les secteurs à risque élevé, indirects. La date de mise en conformité de la première vague est fixée au 26 juillet 2028 (Directive 2024/1760, EUR-Lex) : les entreprises visées n’ont pas plusieurs années devant elles, elles ont dix-huit mois au maximum pour construire leur architecture de données.
Pour un aperçu des obligations CSDDD et de leur impact sur le SI achats, consultez notre comparatif des 5 approches ERP pour la due diligence fournisseurs.
La pression commerciale précède souvent le réglementaire
Les grandes entreprises soumises à la CSRD et à la CSDDD ont commencé à répercuter leurs obligations sur leurs fournisseurs bien avant les échéances légales. Le mécanisme est simple : un grand acheteur qui doit publier la proportion de son panel ayant un score EcoVadis au-dessus de 45 a intérêt à ce que ce chiffre soit élevé. Il intègre donc la note EcoVadis comme critère de sélection ou de pondération dans ses appels d’offres, et informe ses fournisseurs en conséquence.
Ce phénomène de cascade contractuelle touche en priorité les PME fournisseurs de grands groupes dans l’industrie, la chimie, l’agroalimentaire et les services professionnels. Pour ces entreprises, la notation ESG n’est pas une ambition RSE : c’est une condition de maintien du chiffre d’affaires.
EcoVadis : la plateforme RSE pour la chaîne d’approvisionnement mondiale
Ce qu’EcoVadis mesure et comment
EcoVadis est une plateforme de notation RSE qui évalue les entreprises fournisseurs sur la base d’un questionnaire structuré, complété par des documents probants. L’évaluation porte sur 21 critères répartis en quatre thèmes : Environnement (émissions, eau, biodiversité, matières), Social et Droits de l’Homme (conditions de travail, santé-sécurité, droits fondamentaux), Éthique (anti-corruption, pratiques d’influence, sécurité des informations) et Achats responsables (pratiques envers les fournisseurs de rang 2).
Chaque évaluation produit un score sur 100 points, associé à l’une des quatre médailles : Bronze (50-57 points), Argent (58-69 points), Or (70-84 points) ou Platine (85 points et plus). La médaille Platine place le fournisseur dans le premier percentile de la base EcoVadis dans son secteur et sa zone géographique. Le score est recalculé annuellement et la médaille expire au bout de 12 mois, ce qui impose un cycle de renouvellement régulier.
L’ampleur du réseau en 2026
Selon le Rapport de Mission EcoVadis 2024, la plateforme couvre :
- Plus de 150 000 entreprises évaluées dans 185 pays et 250 industries
- Plus de 1 300 organisations acheteuses actives sur la plateforme
- 2 380 milliards d’euros d’achats couverts par les notations EcoVadis
- 176 millions de travailleurs représentés dans le réseau
- Un score moyen en amélioration : +12,9 points d’écart entre la note initiale et la note courante des fournisseurs dans le réseau
Ces chiffres illustrent un effet réseau puissant : un fournisseur qui répond au questionnaire EcoVadis pour un acheteur peut partager son scorecard avec l’ensemble de ses clients présents sur la plateforme, sans refaire le questionnaire. C’est un levier d’efficacité significatif pour les PME qui travaillent avec plusieurs grands groupes.
Intégration dans les ERP et plateformes achats
EcoVadis a construit des connecteurs certifiés avec les principales plateformes de gestion des achats. La solution est disponible comme SAP Endorsed App sur SAP Store pour SAP Ariba (annonce EcoVadis, novembre 2022) : les scores et scorecards s’affichent directement dans les workflows P2P et SRM d’Ariba, sans export manuel. EcoVadis IQ Plus est également intégré nativement dans le Risk Center d’Ivalua.
Pour les équipes qui travaillent avec JAGGAER, SAP S/4HANA ou Oracle Fusion, des connecteurs API permettent d’alimenter automatiquement le référentiel fournisseurs avec les scores EcoVadis via appel REST : le score, la date d’expiration de la médaille et le niveau (Bronze/Argent/Or/Platine) peuvent être stockés directement dans la fiche fournisseur du SRM. Une alerte est déclenchée automatiquement 60 jours avant l’expiration du certificat pour relancer le processus de renouvellement.
Ce qu’EcoVadis ne couvre pas
La notation EcoVadis repose entièrement sur des éléments documentaires (politiques, rapports, certifications, données déclaratives). Elle ne comporte pas d’audit terrain : un fournisseur peut obtenir une médaille Or sur la base de documents bien rédigés sans que ses pratiques réelles aient été vérifiées sur site. Pour les donneurs d’ordre dans les secteurs à risque élevé (chimie, nucléaire, agroalimentaire), EcoVadis doit donc être complété par des dispositifs d’audit terrain ou par des certifications opérationnelles comme MASE ou ISO 45001.
CDP : le standard mondial de divulgation carbone
La logique CDP : la transparence comme levier de marché
Le CDP (Carbon Disclosure Project) est une organisation à but non lucratif fondée en 2000 qui administre le système de divulgation environnementale le plus étendu au monde. Sa logique est différente de celle d’EcoVadis : il ne s’agit pas de noter un fournisseur pour un acheteur, mais de permettre aux entreprises de rendre compte publiquement de leurs impacts environnementaux à leurs investisseurs et à leurs clients. En 2025, plus de 23 000 organisations, représentant environ deux tiers de la capitalisation boursière mondiale, ont divulgué leurs données environnementales via CDP (cdp.net/en/faqs).
Les trois questionnaires et le système de scores
CDP propose trois questionnaires : Changement climatique (le plus répandu), Eau et Forêts. Les entreprises répondent annuellement à la saison de divulgation (généralement de janvier à juillet). Leur réponse est scorée sur une échelle allant de A (leadership) à D (divulgation basique), avec des niveaux intermédiaires A-, B, B-, C, C-, D- et F (absence de réponse).
La note A signifie que l’entreprise mesure ses émissions de façon rigoureuse, fixe des objectifs de réduction alignés sur la science (SBTi), intègre les enjeux climatiques dans sa gouvernance et engage activement ses fournisseurs et partenaires. Selon CDP, 280 entreprises figuraient en liste A en 2025, ayant collectivement identifié 218 milliards de dollars américains d’opportunités financières liées à leurs actions environnementales (cdp.net/en/insights/strengthening-the-chain).
Le programme Supply Chain
Le programme CDP Supply Chain permet aux grandes entreprises acheteuses de demander à leurs fournisseurs de divulguer leurs données environnementales via CDP. En 2025, le programme comptait plus de 200 organisations membres acheteuses, engageant plus de 45 000 fournisseurs pour partager leurs données (cdp.net/en/supply-chain). Les membres acheteurs incluent des groupes comme L’Oréal, Unilever, Nestlé, Renault et BASF.
Pour un fournisseur sollicité par un membre, la divulgation CDP est gratuite et se fait via le portail en ligne. La demande est initiée par l’acheteur, qui définit le périmètre des questionnaires demandés. Le fournisseur peut ensuite partager sa réponse et son score avec l’ensemble de ses acheteurs présents sur CDP, dans une logique analogue à celle d’EcoVadis.
Ce que CDP apporte que EcoVadis ne couvre pas
La différence structurelle entre CDP et EcoVadis est le niveau de profondeur sur le carbone. Une note CDP bien renseignée inclut les émissions Scope 1, 2 et 3 de l’entreprise, ses objectifs de réduction vérifiés par le SBTi, son plan de transition climatique et ses données de consommation d’eau. Ces données sont auditables par des tiers et reconnues dans les frameworks de reporting financier (TCFD, ISSB).
Pour un donneur d’ordre qui doit publier ses émissions Scope 3 amont dans son rapport CSRD, les notes CDP de ses fournisseurs constituent des données primaires de qualité supérieure aux estimations spend-based. C’est un argument fort pour demander à ses principaux fournisseurs (les 20 % qui représentent 80 % des émissions indirectes) de s’inscrire dans le programme Supply Chain CDP.
Pour approfondir la collecte de données Scope 3 fournisseurs dans votre ERP, consultez notre guide ERP et Scope 3 amont : comment collecter les données ESG de vos fournisseurs.
Limites du CDP pour un acheteur industriel
Le score CDP reste un indicateur environnemental (carbone, eau, forêts) : il ne couvre pas les droits humains, les conditions de travail ou la gouvernance. Pour une évaluation RSE complète du panel fournisseurs, CDP doit être combiné avec EcoVadis ou une plateforme ESG équivalente couvrant le pilier social.
Par ailleurs, le score CDP est une donnée de divulgation publique : tout le monde peut voir si un fournisseur a un score A ou D. Cette transparence est une force pour les investisseurs, mais peut créer des tensions commerciales si un acheteur partage publiquement le scoring de son panel.
MASE : la certification HSE pour les entreprises prestataires
Un référentiel d’un autre type
MASE (Manuel d’Amélioration Sécurité Santé Environnement) n’est pas une notation RSE au sens de la CSRD ou de la CSDDD. C’est une certification opérationnelle qui atteste qu’une entreprise prestataire pilote sa politique de santé, sécurité et environnement (SSE) selon un référentiel structuré, audité par des organismes accrédités.
Le MASE est né dans l’industrie pétrochimique et l’énergie, où les interventions de prestataires sur des sites sensibles (raffineries, centrales, usines chimiques, installations nucléaires) créent des risques d’accident graves pour les intervenants et les installations. Le donneur d’ordre exige la certification MASE comme condition d’accès au site, au même titre que les habilitations électriques ou les formations ATEX.
Les chiffres du réseau MASE en 2026
Le réseau MASE a franchi le cap des 5 000 entreprises certifiées en juillet 2025, avec plus de 1 000 autres entreprises en cours de certification (mase-asso.fr). La majorité de ces entreprises est positionnée dans l’industrie, la chimie, l’énergie, le BTP et la maintenance d’équipements industriels.
Depuis le 1er janvier 2026, un seul référentiel fait foi : la version 2024, plus centrée sur les facteurs humains et le terrain, avec des règles d’échantillonnage d’audit révisées depuis le 1er juin 2026. Un prestataire qui était certifié sur l’ancienne version a dû migrer sur le référentiel 2024 lors de son dernier audit de renouvellement.
Le référentiel MASE 2024 : 5 axes structurants
Le référentiel 2024 structure les exigences en cinq axes :
- Engagement et implication de la direction : politique SSE formalisée, objectifs mesurables, revue de direction annuelle.
- Compétences et qualifications professionnelles : habilitations à jour, formation initiale et continue, plan de compétences.
- Organisation et préparation du travail : analyse de risques avant intervention, plan de prévention, document unique d’évaluation des risques (DUER) à jour.
- Réalisation des travaux : respect des procédures sur site, gestion des co-activités, ports des EPI.
- Retour d’expérience : enregistrement des incidents et presques-accidents, analyse des causes, plans d’actions correctifs mesurables.
L’audit de certification dure deux à trois jours et comprend une visite terrain chez le prestataire et, si possible, une observation sur un site client. La certification est accordée pour trois ans, avec un audit de surveillance annuel.
Intégration MASE dans l’ERP et le SRM
Pour un donneur d’ordre gérant plusieurs centaines de prestataires, le suivi des certifications MASE relève du module de gestion du référentiel fournisseurs dans le SRM. Les besoins fonctionnels sont clairement délimités :
- Champ “Certification MASE” dans la fiche fournisseur : oui/non, numéro de certificat, date d’obtention, date d’expiration.
- Workflow d’alerte : notification automatique au responsable achats et au prestataire 90 jours avant l’expiration, blocage de la commande ou de l’accès site si le certificat est expiré.
- Stockage documentaire : le certificat MASE en PDF doit être archivé dans la GED liée à la fiche fournisseur, accessible pour un audit CSDDD ou une inspection.
- Tableau de bord de conformité : proportion du panel prestataires certifié MASE, alertes en cours, prestataires en renouvellement.
Ces fonctionnalités sont disponibles nativement dans les modules SRM de SAP S/4HANA (Supplier Qualification Management), Oracle Fusion Supplier Qualification Management et Ivalua. Pour les ERP mid-market (Sage X3, Cegid XRP, Divalto), un champ personnalisé dans la fiche fournisseur et un workflow d’alerte paramétré suffisent dans la majorité des cas.
Ce que MASE ne fait pas
La certification MASE ne couvre pas le carbone, les droits humains, la gouvernance ou les achats responsables. Un prestataire MASE certifié peut avoir un score EcoVadis médiocre ou ne jamais avoir répondu à un questionnaire CDP. MASE est un prérequis HSE pour l’accès aux sites industriels, pas un substitut à une évaluation RSE globale.
Tableau comparatif : EcoVadis, CDP, MASE
| Critère | EcoVadis | CDP | MASE |
|---|---|---|---|
| Périmètre | RSE global (4 thèmes) | Environnement (carbone, eau, forêts) | HSE (sécurité des interventions) |
| Destinataires | Fournisseurs de tous secteurs | Grandes entreprises (cotées et non cotées) | Prestataires intervenants sur sites industriels |
| Qui initie la demande | Acheteurs B2B | Investisseurs et acheteurs Supply Chain | Donneurs d’ordre industriels |
| Type d’évaluation | Questionnaire documentaire | Questionnaire auto-déclaratif | Audit terrain par organisme accrédité |
| Fréquence | Annuelle | Annuelle | 3 ans + audit de surveillance annuel |
| Secteurs typiques | Tous | Grandes entreprises toutes industries | Industrie, chimie, énergie, BTP |
| Intégration ERP | SAP Ariba (Endorsed App), Ivalua, JAGGAER | Portail CDP, modules ESG (SAP SU, Workiva) | Module SRM natif (champ certif + alerte) |
| Coût pris en charge par | Le fournisseur (requérant) | Le divulgateur (gratuit) | Le prestataire |
| Reconnaissance CSRD/CSDDD | Élevée (ESRS G1-2) | Élevée (Scope 3 données primaires) | Limitée (HSE, pas RSE globale) |
Architecturer votre ERP pour piloter la triple notation
Un référentiel fournisseurs, plusieurs indicateurs
La clé d’une stratégie ESG fournisseurs efficace est de centraliser les données de notation dans un référentiel unique, sans créer trois silos parallèles. L’objectif opérationnel est qu’un acheteur qui ouvre la fiche d’un fournisseur dans l’ERP voie en un coup d’oeil : sa note EcoVadis (score + médaille + date d’expiration), sa note CDP (si le fournisseur est dans le programme Supply Chain), et l’état de sa certification MASE (si le fournisseur est un prestataire intervenants).
Pour y parvenir, il faut alimenter ce référentiel de façon automatisée, pas manuelle. EcoVadis expose une API REST qui permet de récupérer le score, la médaille et la date d’expiration d’un fournisseur enregistré sur la plateforme. CDP ne propose pas d’API directe pour les acheteurs, mais les exports de données Supply Chain peuvent être intégrés via ETL. MASE ne propose pas d’API : la mise à jour du certificat reste manuelle, avec un workflow d’alerte à paramétrer dans le SRM.
Segmenter pour ne pas sur-instrumenter
Tous les fournisseurs ne nécessitent pas les trois référentiels. Une segmentation pragmatique réduit les coûts et la charge administrative :
- Fournisseurs à fort impact achats (top 20 % en spend) : EcoVadis obligatoire, CDP recommandé si le fournisseur est une grande entreprise.
- Fournisseurs à risque RSE élevé (pays à risque, secteurs sensibles) : EcoVadis obligatoire, audit terrain complémentaire selon l’approche CSDDD.
- Prestataires intervenants sur sites industriels : MASE obligatoire (condition d’accès site), EcoVadis selon le spend.
- Fournisseurs PME à faible impact : questionnaire d’auto-évaluation simplifié suffit dans un premier temps.
Cette segmentation s’inscrit dans le module de qualification fournisseurs du SRM : chaque catégorie de fournisseurs a un profil d’exigences distinct, avec les champs de notation correspondants.
Alimenter le reporting CSRD depuis le SRM
Les données de notation ESG fournisseurs centralisées dans le SRM deviennent la source de vérité pour les indicateurs CSRD G1-2 (pratiques d’approvisionnement responsable) :
- Proportion du panel fournisseurs avec une évaluation EcoVadis en cours de validité
- Score EcoVadis moyen pondéré par le spend
- Proportion du spend couvert par des fournisseurs en liste A CDP (Scope 3 données primaires)
- Proportion du panel prestataires avec une certification MASE valide
Ces indicateurs doivent pouvoir être extraits du SRM sous forme de rapport paramétrable, idéalement avec un export structuré compatible avec les outils de reporting CSRD (Workiva, IBM OpenPages, SAP Sustainability Performance Management). Pour une architecture complète du reporting Scope 3 dans l’ERP, consultez notre guide ERP et Scope 3 amont : comment collecter les données ESG de vos fournisseurs et notre article sur la gestion du risque fournisseurs dans le SRM.
Ce que ça change pour votre stratégie achats
La notation ESG fournisseurs est en train de changer la nature du pilotage fournisseur. Historiquement, un fournisseur était évalué sur trois critères : qualité, délai, prix. La notation ESG ajoute un quatrième critère systématisé, avec des données auditables et un cycle de renouvellement annuel ou triennal. Pour les équipes achats, cela signifie deux changements opérationnels majeurs.
Le premier est le passage de la sélection au développement fournisseur. Un donneur d’ordre qui exige une note EcoVadis minimale de 45 sans accompagner ses fournisseurs PME dans l’amélioration de leur score prend le risque de réduire son panel sans augmenter la performance ESG réelle de sa chaîne d’approvisionnement. Les équipes achats les plus avancées sur ce sujet ont mis en place des programmes de co-construction : ateliers de préparation au questionnaire EcoVadis, partage de bonnes pratiques sectorielles, accès à l’EcoVadis Academy (plus de 20 000 utilisateurs actifs selon le Rapport de Mission 2024).
Le second est l’intégration de la notation ESG dans les critères de sourcing et d’appels d’offres. Pondérer la note EcoVadis à 10-15 % dans un appel d’offres, inclure une clause contractuelle de maintien du score et un droit d’audit ESG en cas de dégradation : ces pratiques, marginales en 2022, sont désormais documentées dans les chartes achats responsables des grands groupes CAC 40 soumis à la CSRD.
Pour les PME fournisseurs qui découvrent ces obligations via leurs clients, la recommandation pratique est de prioriser dans cet ordre : d’abord MASE si vous êtes une entreprise prestataire intervenant sur sites industriels (c’est une condition d’accès marché, pas un choix stratégique), ensuite EcoVadis si vos grands clients l’exigent ou si vous souhaitez vous démarquer sur des appels d’offres, enfin CDP si vous travaillez avec des grands groupes engagés dans la réduction de leurs émissions Scope 3.
Pour approfondir votre stratégie de gestion des fournisseurs dans votre ERP, consultez notre guide complet sur le SRM et la gestion des fournisseurs avec Ivalua, JAGGAER et SAP Ariba, notre article sur le scoring des risques fournisseurs dans la supply chain et notre comparatif des 5 approches ERP pour le devoir de vigilance CSDDD.