Pour beaucoup de directeurs achats et DSI, l’exercice 2025 marque un moment de vérité. La CSRD oblige les ETI de plus de 250 salariés qui atteignent deux des trois seuils réglementaires (50 M€ de chiffre d’affaires, 25 M€ de total bilan) à publier leur rapport de durabilité en 2026. Et dans ce rapport, les émissions de gaz à effet de serre Scope 3 amont occupent souvent la position la plus inconfortable : elles représentent la part dominante du bilan carbone des industriels et des distributeurs, mais leurs données sont dispersées chez des centaines de fournisseurs, en grande majorité des PME qui ne les ont jamais calculées.
L’ERP achats est la pièce maîtresse de ce puzzle. Il contient déjà les volumes achetés, les montants par fournisseur, les catégories de produits. La question n’est pas de savoir si vos données Scope 3 sont quelque part dans votre système d’information — elles le sont, en partie — mais comment les extraire, les compléter et les fiabiliser dans un délai contraint.
Ce guide détaille les trois approches opérationnelles pour y parvenir, les pièges à éviter et une feuille de route réaliste sur douze mois.
CSRD et Scope 3 : le défi de la collecte de données upstream
Les 8 catégories upstream du GHG Protocol
Le GHG Protocol Corporate Value Chain Standard définit quinze catégories de Scope 3, dont huit sont dites “amont” (upstream), c’est-à-dire situées en amont des opérations de l’entreprise dans la chaîne de valeur :
- Biens et services achetés (catégorie 1) — les achats de matières, composants, sous-traitance
- Biens d’équipement (catégorie 2) — immobilisations achetées
- Activités liées au combustible et à l’énergie (catégorie 3) — émissions indirectes de l’énergie consommée
- Transport et distribution amont (catégorie 4) — logistique entrante
- Déchets générés par les opérations (catégorie 5)
- Déplacements professionnels (catégorie 6)
- Trajets domicile-travail des salariés (catégorie 7)
- Actifs loués amont (catégorie 8)
Pour un industriel ou un distributeur, la catégorie 1 (biens et services achetés) est systématiquement la plus lourde à calculer et souvent la plus significative en volume de CO2e. C’est là que se joue l’essentiel du travail ERP x Scope 3.
Pourquoi le Scope 3 amont reste le point aveugle du reporting ESG
Les Scopes 1 et 2 sont relativement accessibles : les données d’énergie et de carburant transitent par les factures fournisseurs, le module comptable ou la gestion des actifs. Le Scope 3 amont est différent par nature : les émissions ne se produisent pas dans l’entreprise, elles se produisent chez ses fournisseurs. Obtenir des données fiables nécessite soit une estimation (approche spend-based), soit une collecte directe auprès des fournisseurs (données primaires), soit une combinaison des deux.
La grande majorité des entreprises soumises à la CSRD démarre avec des données estimées et cherche à les affiner progressivement vers des données primaires pour leurs principaux fournisseurs. La norme ESRS E1-6 le permet explicitement, à condition de documenter les hypothèses et de signaler la part de données primaires par rapport aux données estimées.
Ce qu’exige réellement la CSRD pour le Scope 3 (ESRS E1-6)
L’ESRS E1-6 (texte adopté par la Commission européenne, juillet 2023) exige :
- La publication des émissions Scope 3 agrégées, exprimées en tonnes de CO2 équivalent
- La ventilation par catégorie GHG Protocol (les 15 catégories ou au minimum les catégories significatives)
- La distinction entre données primaires (fournies directement par les fournisseurs) et données estimées (calculées à partir de facteurs d’émission)
- La description de la méthodologie de calcul et des principales hypothèses
- Un plan de transition climatique si l’entreprise adopte un objectif de réduction des émissions
Ce que la norme ne requiert pas — du moins pour les premières années de reporting — c’est un niveau de vérification comparable à l’information financière. Le niveau d’assurance “limitée” (limited assurance) est acceptable pour l’exercice 2025, avec une montée progressive vers l’assurance “raisonnable” d’ici 2028.
Pourquoi l’ERP est le point de départ logique pour le Scope 3 amont
Les données achats déjà dans l’ERP
Un ERP achats bien configuré contient nativement les éléments de base du calcul Scope 3 catégorie 1 :
- Montants d’achats par fournisseur et par période (exercice comptable)
- Catégories d’achats selon une nomenclature interne, idéalement normalisée (UNSPSC, eCl@ss, ou CPV pour les entités publiques)
- Volumes physiques achetés si la gestion des stocks est intégrée (tonnes, litres, pièces)
- Pays d’origine des fournisseurs et des marchandises (données utiles pour les facteurs d’émission de transport)
Ces données ne sont pas labellisées “carbone”, mais elles constituent le socle de n’importe quelle approche spend-based ou hybride.
L’approche spend-based : estimer les émissions à partir des montants d’achats
L’approche spend-based consiste à multiplier les montants d’achats par catégorie par des facteurs d’émission exprimés en kgCO2e par euro dépensé. Ces facteurs sont disponibles dans plusieurs bases de données publiques :
- ADEME Base Empreinte : base de référence française, gratuite et accessible en ligne, qui publie des facteurs d’émission par catégorie d’achat en kgCO2e/€.
- Ecoinvent : base de données suisse, référence académique et industrielle mondiale, payante, avec des facteurs d’émission par procédé de production.
- DEFRA (Royaume-Uni) et EPA Emission Factors Hub (États-Unis) : utiles pour les achats à des fournisseurs dans ces géographies.
L’approche spend-based est imparfaite — elle ignore les variations d’efficacité entre fournisseurs et elle est sensible à l’inflation des prix — mais elle est le seul point de départ réaliste pour la grande majorité des ETI qui démarrent leur bilan Scope 3.
L’ERP facilite cette approche en permettant d’exporter les données d’achats par fournisseur et par catégorie, puis de les croiser avec les facteurs d’émission dans un outil dédié ou directement dans une feuille de calcul intermédiaire.
Les limites de l’approche spend-based et quand passer aux données primaires
L’approche spend-based a des limites structurelles que la CSRD pousse à dépasser au fil du temps :
- Précision insuffisante pour les fournisseurs à fort impact : deux fournisseurs d’acier dans la même catégorie UNSPSC peuvent avoir des empreintes carbone très différentes selon leur mix énergétique.
- Sensibilité aux variations de prix : une hausse des prix matières augmente mécaniquement le Scope 3 estimé même si les volumes physiques et les procédés n’ont pas changé.
- Absence de traçabilité : un auditeur ne peut pas vérifier que le facteur d’émission choisi correspond au produit réellement acheté.
Le passage aux données primaires fournisseurs est indispensable à partir du moment où un fournisseur représente une part significative des émissions Scope 3. La règle des 80/20 s’applique ici : dans la plupart des entreprises, 20 % des fournisseurs concentrent 80 % des émissions Scope 3 catégorie 1. Identifier et prioriser ces fournisseurs est la première étape de tout projet Scope 3 sérieux.
3 approches pour automatiser la collecte de données ESG fournisseurs
Approche 1 — Portail fournisseur natif ERP
Les principales suites ERP proposent des modules de gestion du risque fournisseur avec des fonctionnalités ESG intégrées :
SAP Ariba dispose d’un module de gestion de la durabilité fournisseur qui permet d’envoyer des questionnaires ESG directement depuis la plateforme d’achats et de centraliser les réponses dans le profil fournisseur. L’intégration native avec SAP S/4HANA facilite l’alimentation du module de reporting carbone (SAP Sustainability).
Oracle Fusion Cloud Procurement intègre la gestion des risques fournisseurs avec des indicateurs ESG configurables. Le module permet de définir des questionnaires de qualification sur les critères environnementaux (émissions, consommation d’eau, déchets) et sociaux (conditions de travail, diversité).
Microsoft Dynamics 365 Supply Chain Management offre la gestion du risque fournisseur avec des champs personnalisables pour les indicateurs ESG, et une intégration avec Microsoft Sustainability Manager pour la consolidation des données carbone.
L’avantage principal de l’approche native ERP : les données collectées restent dans le système de référence des achats, sans couche de synchronisation supplémentaire. L’inconvénient : les fonctionnalités ESG des ERP généralistes restent souvent moins avancées que celles des plateformes spécialisées en termes de benchmark sectoriel et de calcul des émissions.
Pour les ETI équipées d’un ERP mid-market (Cegid XRP Flex, Sage X3, Infor, NetSuite), les modules achats permettent généralement de gérer des questionnaires fournisseurs personnalisés, même si le traitement des données ESG nécessite une exportation vers un outil dédié.
Approche 2 — Plateformes ESG spécialisées connectées à l’ERP
Plusieurs éditeurs proposent des solutions dédiées à la collecte et à l’analyse des données ESG fournisseurs, avec des connecteurs vers les principaux ERP :
EcoVadis Carbon : solution de gestion du Scope 3 fournisseurs qui permet de collecter les données carbone des fournisseurs avec un système de niveaux de fiabilité (Carbon Data Reliability Levels). L’approche EcoVadis repose sur une vérification par des analystes humains complétée par des mises à jour par IA. La plateforme génère des profils de fiabilité des données par fournisseur, ce qui facilite la communication avec les auditeurs CSRD.
Sphera : plateforme de gestion des risques ESG et de la conformité, avec des modules de collecte de données fournisseurs et de calcul des émissions Scope 3. Bien implantée dans l’industrie chimique et de process.
Carbonfact : plateforme orientée industrie textile et mode, avec plus de cinquante intégrations ERP/PLM. Pertinente pour les marques et distributeurs de biens de consommation.
L’intégration de ces plateformes avec l’ERP suit généralement deux patterns : une synchronisation quotidienne ou hebdomadaire des données achats (via API REST ou fichier CSV) pour alimenter les calculs, et un retour des données de fiabilité carbone dans l’ERP pour enrichir le profil fournisseur.
Approche 3 — Intégrer les questions ESG dans les questionnaires de qualification fournisseurs
La troisième approche, souvent sous-estimée, consiste à intégrer des questions ESG directement dans le processus de qualification ou de requalification annuelle des fournisseurs. Elle ne nécessite pas d’investissement logiciel supplémentaire dans un premier temps.
Un questionnaire de qualification fournisseur ESG minimal couvre :
- L’existence (ou non) d’un bilan GES réalisé selon le GHG Protocol ou la méthode Bilan Carbone ADEME
- Le niveau d’émissions Scope 1+2 déclaré par le fournisseur (en kgCO2e ou tCO2e)
- Les certifications ESG obtenues (ISO 14001, ISO 50001, EcoVadis, label Lucie…)
- L’appartenance à une filière sectorielle avec un programme de décarbonation (acier bas carbone, aluminium recyclé, plastique biosourcé…)
Ces informations peuvent être collectées via le portail fournisseur de l’ERP, une enquête en ligne (Typeform, Microsoft Forms), ou un e-mail structuré. Elles permettent de construire une base de données primaires partielles dès la première année, sans dépenser sur une plateforme ESG.
Intégration technique : comment brancher une plateforme ESG sur votre ERP achats
Les patterns d’intégration API
Trois patterns d’intégration sont courants :
Export-import périodique : l’ERP exporte les données d’achats (journal des commandes ou factures) dans un format CSV ou JSON, la plateforme ESG les ingère et renvoie les résultats enrichis (facteurs d’émission appliqués, fiabilité des données fournisseur). Ce pattern est simple à mettre en oeuvre et compatible avec tous les ERP. Il ne permet pas le temps réel mais suffit pour un reporting mensuel ou trimestriel.
API REST temps réel : la plateforme ESG expose une API que l’ERP appelle à chaque création de commande ou à chaque entrée en stock. Ce pattern est disponible avec SAP Ariba, Oracle Procurement Cloud et NetSuite. Il permet une mise à jour continue du bilan Scope 3 mais requiert une intégration middleware (SAP Integration Suite, Azure Integration Services, Mulesoft…).
Connecteur natif certifié : EcoVadis, Sphera et quelques autres éditeurs proposent des connecteurs certifiés pour les principaux ERP, disponibles dans les marketplaces applicatives (SAP Store, Oracle AppSource, Microsoft AppSource). La configuration est plus rapide mais le périmètre fonctionnel est figé par le connecteur.
Normalisation des données : catégories UNSPSC et formats d’émission
La principale difficulté technique des projets Scope 3 x ERP n’est pas l’intégration API, c’est la normalisation des catégories d’achats. La plupart des ERP mid-market utilisent une nomenclature interne non standardisée. Les facteurs d’émission des bases comme ADEME Base Empreinte ou Ecoinvent sont indexés sur des nomenclatures internationales (UNSPSC, NACE, eCl@ss).
La cartographie entre nomenclature interne et UNSPSC est un chantier à part entière. Il requiert l’implication des équipes achats pour valider les correspondances et est souvent réalisé une seule fois, puis maintenu lors des créations de nouvelles familles d’achats.
Les émissions sont exprimées en kgCO2e (kilogrammes de CO2 équivalent). Certains éditeurs présentent les résultats en tCO2e (tonnes). Vérifiez les unités de votre plateforme ESG et celles attendues par votre reporting CSRD pour éviter les erreurs d’ordre de grandeur.
Gouvernance des données Scope 3 : qui est propriétaire dans votre SI ?
La question de gouvernance est souvent réglée tardivement et mal. Dans un projet Scope 3 x ERP, trois équipes ont des droits et responsabilités sur les données :
- La DSI : responsable de l’intégration technique, de la qualité des données achats exportées et de la disponibilité des systèmes.
- La direction achats : responsable de la complétude du référentiel fournisseurs, de la qualité des catégories d’achats et de la collecte des données primaires auprès des fournisseurs.
- La direction RSE : responsable de la méthodologie de calcul, des choix de facteurs d’émission, de la cohérence avec le reste du reporting CSRD et de la relation avec l’auditeur OTI.
Désigner un owner unique des données Scope 3 — généralement le directeur RSE ou un responsable “carbon data” — est une condition de succès. Sans ownership clair, les décisions méthodologiques sont repoussées, les données ne sont jamais fiabilisées et le rapport CSRD est rédigé à la dernière minute avec des estimations non auditables.
Ce qui marche et ce qui échoue dans les projets Scope 3 x ERP
Les 3 obstacles récurrents
Résistance des fournisseurs PME : envoyer un questionnaire ESG à 500 fournisseurs PME produit un taux de réponse décevant. Les raisons sont pratiques (manque de temps, absence de données) et organisationnelles (le sujet est perçu comme une contrainte administrative supplémentaire). Les programmes d’accompagnement sectoriels (ex : initiative de la filière automobile Automotive SIG, programme Net Zero de certains donneurs d’ordre de la grande distribution) ont démontré des taux de réponse significativement meilleurs que les approches individuelles.
Qualité et fiabilité des données reçues : même lorsque les fournisseurs répondent, la qualité des données varie considérablement. Un même indicateur (émissions Scope 1+2 du fournisseur) peut être calculé avec des méthodes très différentes, sur des périmètres différents (site de production vs. groupe entier), avec des années de référence différentes. Sans guide méthodologique fourni avec le questionnaire, les données collectées sont difficilement comparables.
Traçabilité des hypothèses : dans l’approche spend-based, le choix d’un facteur d’émission pour une catégorie d’achats est une hypothèse. Si cette hypothèse n’est pas documentée et versionée, un changement de facteur d’émission d’une année sur l’autre crée une rupture de comparabilité qui invalide l’analyse de progression. L’ERP ou la plateforme ESG doit conserver l’historique des paramètres de calcul utilisés pour chaque exercice.
La règle des 80/20 : prioriser les 20 % de fournisseurs qui concentrent 80 % des émissions
Avant d’engager un programme de collecte de données primaires sur l’ensemble du panel fournisseurs, réalisez un calcul spend-based sur 100 % du panel pour identifier les fournisseurs prioritaires. Dans la très grande majorité des cas, un nombre limité de fournisseurs concentre l’essentiel des émissions Scope 3 catégorie 1 : les achats de matières premières à fort contenu carbone (acier, aluminium, béton, plastiques), les achats de produits chimiques ou pharmaceutiques, ou les achats de services à forte intensité de déplacement.
Cette analyse permet de concentrer les efforts de collecte de données primaires et d’accompagnement sur les fournisseurs qui comptent vraiment, plutôt que de disperser les ressources sur un panel complet.
Bonnes pratiques : accompagner les PME fournisseurs
Les projets Scope 3 qui fonctionnent sur le long terme ne se contentent pas d’envoyer des questionnaires : ils aident leurs fournisseurs à y répondre. Plusieurs ressources gratuites sont disponibles :
- Bilan Carbone ADEME : outil de référence français pour réaliser un bilan GES, avec documentation pédagogique.
- VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs) : standard développé par l’EFRAG pour aider les PME fournisseurs à structurer leur reporting ESG. Adopté par plusieurs programmes d’accompagnement de donneurs d’ordre européens.
- Initiatives sectorielles : de nombreuses filières industrielles (automobile, BTP, agroalimentaire) ont développé des outils de calcul carbone simplifiés pour leurs PME fournisseurs.
Proposer à vos fournisseurs clés une formation d’une demi-journée sur le calcul de leur bilan Scope 1+2 est souvent plus efficace que d’investir dans un portail ESG sophistiqué que personne ne sait utiliser.
Feuille de route 12 mois pour un projet ERP x Scope 3 amont
La progression réaliste suit quatre phases :
Mois 1-3 : Baseline spend-based et cartographie des fournisseurs prioritaires
- Export des données achats de l’exercice N-1 depuis l’ERP (montants par fournisseur et par catégorie)
- Cartographie UNSPSC ou eCl@ss des catégories d’achats (chantier DSI + achats)
- Application des facteurs d’émission ADEME Base Empreinte sur 100 % du panel
- Identification des 20 % de fournisseurs représentant 80 % des émissions estimées
- Livrable : premier bilan Scope 3 catégorie 1 estimé, avec liste des fournisseurs prioritaires
Mois 4-6 : Collecte de données primaires sur les fournisseurs prioritaires
- Envoi d’un questionnaire ESG aux 50 à 100 fournisseurs prioritaires (via portail ERP ou plateforme dédiée)
- Accompagnement des fournisseurs PME qui n’ont pas encore de bilan GES
- Intégration des données primaires reçues dans le calcul Scope 3 (approche hybride : primaire pour les fournisseurs prioritaires, spend-based pour le reste)
- Livrable : bilan Scope 3 hybride, avec taux de couverture en données primaires documenté
Mois 7-9 : Intégration ERP x plateforme ESG
- Choix et déploiement d’un connecteur ERP-plateforme ESG (ou mise en place du flux d’export automatisé)
- Paramétrage des alertes de mise à jour (changement de fournisseur, nouveau produit acheté, mise à jour du facteur d’émission)
- Formation des équipes achats à l’utilisation des données carbone dans le processus de sourcing
- Livrable : flux de données automatisé, bilan Scope 3 actualisable mensuellement
Mois 10-12 : Audit et préparation du reporting CSRD
- Préparation du dossier d’audit OTI : documentation des méthodologies, des sources de données, des hypothèses
- Réconciliation avec les autres composantes du rapport CSRD (Scope 1, Scope 2, indicateurs sociaux)
- Première publication du rapport de durabilité CSRD pour l’exercice 2025
- Livrable : rapport de durabilité conforme ESRS, avec assurance limitée de l’OTI
Conclusion
Le Scope 3 amont n’est pas un problème de données — il est un problème d’organisation des données. Votre ERP achats détient déjà les briques élémentaires du calcul. L’enjeu des douze prochains mois est de structurer le pipeline : cartographier les catégories d’achats, identifier les fournisseurs prioritaires, initier la collecte de données primaires sur ce noyau dur, et automatiser l’alimentation d’une plateforme de reporting.
Les ETI qui abordent ce chantier maintenant avec une méthode pragmatique — spend-based d’abord, données primaires sur les top 20 % — publieront un premier rapport CSRD défendable. Celles qui attendent d’avoir des données parfaites ne publieront rien, ou publieront à la dernière minute avec des chiffres non auditables.
Pour approfondir la gestion carbone dans votre ERP, lisez notre guide opérationnel sur le calcul des émissions Scope 1, 2, 3 dans votre ERP et notre article sur la VSME et les obligations ESG des PME fournisseurs en 2026. Pour le cadre réglementaire global, notre guide CSRD et ERP pour le reporting durabilité pose les bases du calendrier et des exigences ESRS.