Le Stortinget (Parlement norvégien) a adopté en juin 2026 une loi rendant obligatoire la facturation électronique dans les transactions B2B. À partir du 1er janvier 2027, toutes les entités soumises à la comptabilité en Norvège devront émettre leurs factures au format électronique structuré (EDICOM, 19 juin 2026). C’est la première échéance d’un calendrier en deux temps qui s’étend jusqu’en 2030.
Contexte : du B2G au B2B
La Norvège n’est pas novice en matière de facturation électronique. L’obligation existait déjà depuis plusieurs années pour les transactions B2G (business-to-government) via le format EHF (Elektronisk Handelsformat), basé sur le réseau Peppol. La loi de juin 2026 étend cette logique au secteur privé : les transactions entre entreprises sont désormais dans le périmètre.
Le format retenu reste EHF/Peppol. Avant d’envoyer une facture électronique, l’émetteur doit vérifier via l’annuaire ELMA (registre norvégien des destinataires Peppol) que son client est inscrit et en capacité de recevoir des documents conformes. Les transactions B2C et les ventes au comptant sont exclues du périmètre (EDICOM, 19 juin 2026).
Une exemption est prévue pour les très petites structures : les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 50 000 NOK (environ 4 300 EUR) et qui ne sont pas soumises à obligation comptable formelle pourraient en être dispensées.
Impact pour les entreprises européennes actives en Norvège
Pour un DSI ou un DAF qui gère des flux fournisseurs avec des contreparties norvégiennes, la date du 1er janvier 2027 est un horizon opérationnel immédiat. Trois points de vigilance :
Vérifier la conformité Peppol de votre ERP. Les éditeurs historiquement présents en Norvège (Visma, Unit4, SAP, Microsoft Dynamics) sont globalement alignés sur EHF depuis des années, l’infrastructure Peppol étant active pour le B2G. Si vous utilisez un ERP français ou ibérique avec une filiale norvégienne, le point d’attention porte sur le connecteur Peppol : est-il certifié pour l’envoi EHF vers la Norvège, pas seulement vers la France ou la Belgique ?
Inscrire vos entités norvégiennes dans ELMA. Sans inscription dans l’annuaire, vos fournisseurs norvégiens ne pourront pas vous adresser de factures conformes. C’est une démarche administrative, pas un projet IT, mais elle doit être réalisée avant l’échéance.
Anticiper 2030 dès le cahier des charges. L’horizon 2030 impose une comptabilité numérique intégrale : les systèmes devront recevoir et traiter automatiquement les e-factures entrant. Les projets ERP dont la mise en production est prévue entre 2027 et 2029 ont tout intérêt à intégrer cette exigence dans leurs spécifications initiales plutôt que de gérer un second chantier quelques mois après le Go Live.
Ce qu’il faut surveiller
Le texte adopté par le Stortinget s’inscrit dans la dynamique du paquet ViDA (VAT in the Digital Age) de l’Union Européenne, dont la Norvège suit les travaux via son accord EEE (Espace Économique Européen). Le calendrier 2027/2030 pourrait être ajusté si la Commission Européenne révise ses propres dates ViDA, mais aucun signal en ce sens n’est visible à ce jour.
Les modalités de contrôle et de sanction ne sont pas encore précisées dans la loi publiée. À titre de comparaison, la Belgique avait activé son régime de sanctions dès le 1er avril 2026 (1 500 EUR par facture non conforme à la première infraction). La Norvège devrait publier un décret d’application d’ici fin 2026.
Pour approfondir le sujet, consultez notre analyse du statut Peppol Service Provider d’AFAS Profit 8 en Belgique et notre guide sur l’obligation e-facturatie Peppol en Belgique depuis janvier 2026.