Le gouvernement britannique a confirmé dans son Autumn Budget du 28 octobre 2026 que les factures TVA devront être échangées dans un format électronique spécifié à partir du 1er avril 2029, les spécifications techniques complètes étant attendues en avril 2028 (Accountancy Age, 28 octobre 2026). Le Royaume-Uni rejoint ainsi les pays européens qui rendent la facturation électronique B2B obligatoire, avec un calendrier plus long que celui de la France.
Contexte : un calendrier en deux temps
L’annonce fixe deux jalons. Avril 2028 : publication de la politique détaillée et des spécifications techniques. Avril 2029 : début de l’obligation. Entre les deux, les éditeurs disposeront d’environ un an pour adapter leurs produits, et les entreprises d’un an pour les déployer.
Le Budget traite aussi un sujet voisin, Making Tax Digital for Income Tax. Il n’en accélère pas le calendrier, mais les nouveaux entrants d’avril 2027 ne se verront pas appliquer de points de pénalité pour retard sur leurs quatre premières mises à jour trimestrielles (Accountancy Age). Cette mesure d’indulgence a été saluée par des organismes comme le LITRG. Pour le suivi du programme MTD, voir notre article sur l’auto-enrôlement de 294 000 contribuables.
Impact pour les DSI et DAF
Le format reste inconnu. Tant que les spécifications ne sont pas publiées, impossible de savoir si le Royaume-Uni s’appuiera sur un standard existant comme Peppol ou sur un format propre. Ne figez donc aucun choix d’outil avant avril 2028, mais ne restez pas inactifs.
La qualité des données clients est le vrai chantier. Toute facturation structurée suppose des référentiels fiables : numéros de TVA, adresses, identifiants d’entités légales, conditions de paiement. Ces données sont souvent dégradées dans les ERP de PME ayant grandi par acquisitions. Un audit de la base tiers peut démarrer dès maintenant, sans attendre le format.
Les capacités des ERP et logiciels de comptabilité doivent être interrogées. Si vous utilisez Sage, Xero ou NetSuite au Royaume-Uni, demandez à votre éditeur une feuille de route écrite sur l’e-invoicing, avec une date de disponibilité par rapport à avril 2029. Pour les filiales britanniques de groupes européens, vérifiez aussi la cohérence avec les obligations locales déjà en vigueur ou à venir, comme en Belgique avec Peppol ou aux Pays-Bas à l’horizon 2030.
Selon un expert-comptable cité par Accountancy Age, les entreprises ne peuvent pas attendre 2029 pour se préparer et doivent budgéter le changement dès maintenant.
Ce qu’il faut surveiller
Trois points : la publication des spécifications en avril 2028 (format, canal d’échange, éventuel lien avec le reporting HMRC), les annonces de feuille de route des éditeurs, et d’éventuelles mesures de transition pour les petites structures. Le texte législatif définitif reste à suivre.
Pour approfondir
Pour situer ce chantier dans le marché britannique, lisez notre panorama ERP UK : Sage UK, Access Group, MTD et enjeux post-Brexit, puis notre analyse sur l’auto-enrôlement MTD des indépendants.